| Dialogue social : le gouvernement joue la confrontation syndicale |
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| Écrit par la rédaction |
| Vendredi, 06 Janvier 2012 18:53 |
Diviser pour mieux régner. C’est la stratégie machiavélique qu’a appliquée à la lettre le gouvernement pour bouleverser les règles qui encadrent le dialogue social (discussions menées en parallèle dans le secteur privé et la fonction publique).En appuyant sur la corde sensible, celle de la représentativité syndicale, le gouvernement a en effet proposé de relever le seuil électoral à partir duquel une organisation syndicale sera représentative demain. Un argument choc, en pleine année électorale, pour les deux premières organisations syndicales (CGT et CFDT) qui, y voyant à terme un éclatement de la concurrence, ont signé des deux mains avec le patronat, le relevé de conclusion des accords sur la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme (pour le secteur privé). Une signature que le gouvernement a, et pour cause, qualifié d’« historique ». Les autres organisations syndicales, dont la CFTC, s’étant abstenues de le suivre sur cette voie qui, en cherchant à encadrer l’action syndicale, en limitera légalement la liberté d’action. Dans la fonction publique, en revanche, le ministre a obtenu la signature des accords de Bercy, cette fois par une plus large majorité syndicale, puisque seules la CFTC et FO ne l’ont pas signé. Il est vrai que l’accord comportait un certain nombre d’avancées positives, mais il avait surtout le défaut de rester flous sur plusieurs points sensibles. ENTRAVE AU PLURALISME SYNDICALLa CFTC, qui voit d’un mauvais œil la réduction à sa plus simple expression de la pluralité syndicale, n’a évidemment pas signé cet accord, tant celui du secteur privé que celui de la fonction publique. Et, la distance que prennent les organisations, y compris les signataires qui sont appelés au sein même de leur propre organisation à revoir leur signature sur la position commune, est lourd de sens. Mais, qui risque d’être le grand perdant demain ? Le patronat/les élus qui auront face à eux une plus "simple" représentation syndicale, plus facile à manipuler, ou les salariés/agents qui n’auront plus beaucoup d’alternatives pour être représentés... Et la manière dont les deux signataires de la position commune, en dépit de l’opposition des autres, ont accepté d’y introduire des mesures dérogatoires remettant en cause les 35 heures n’en illustre que mieux les risques auxquels seront, demain, exposés les salariés. (Article, La Voix, juin 2008) |
| Mise à jour le Mardi, 10 Janvier 2012 10:21 |



