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OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT 93

Agression physique d’un fonctionnaire la semaine dernière, aussitôt sanctionnée

Jean-Pierre Quennehen a eu un bon réflexe, mardi 12 janvier, face à l’agression au couteau d’un locataire. Alors qu’il arrive dans le hall du hlm où il vit et travaille à Saint-Ouen, le gardien d’immeuble est assailli par un habitant qui dissimule l’arme dans son dos.

Lorsque l’agresseur porte le coup, le gardien dévie le bras et le couteau. « J’ai eu de la chance », rapporte-t-il encore traumatisé par cette attaque. « Ce locataire était ivre. Et j’ai réussi à dévier le couteau. Il y avait également des voisins témoins de la scène… ».

Après un malaise, le fonctionnaire est emmené par le Samu. « Cela fait deux ans que cette personne nous harcèle, moi et mon épouse. Et, cela s’est dégradé dernièrement. Il restait des heures devant nos fenêtres, au rez-de-chaussée, à nous lancer des insultes… »

Le gardien s’était donc plaint des agressions verbales permanentes auprès de son employeur, l’office public de l’habitat de Seine-Saint-Denis qui décide de convoquer le locataire menaçant. « Il en est revenu furieux, et a foncé insulter ma femme au seuil de notre porte. C’est quelques heures plus tard qu’il m’attendait, un couteau à la main », retrace Jean-Pierre Quennehen.

CONDAMNATION IMMÉDIATE

Convoqué deux jours plus tard en comparution immédiate, l’agresseur a écopé de six mois de prison avec sursis, 5 ans de mise à l’épreuve, de mille euros de dommages et intérêt, et de l’obligation de se faire soigner pour ses problèmes avec l’alcool.

« Il va être expulsé du logement et n’a plus le droit de s’approcher de nous. Mais je ne suis pas plus rassuré pour autant », assure le gardien qui s’est cloîtré chez lui, rideaux fermés.

« Les agressions sont de plus en plus fréquentes, et les relations avec les locataires de plus en plus difficiles », jugeait de son côté Alain Davoult, le responsable CFTC de l’OPH 93.

« Entre 2005 et 2009, nous avons relevé 25 infractions », mesure cependant le président de l’OPH, Stéphane Troussel. « Il n’y a pas forcément d’augmentation. En revanche, la dégradation des relations et l’augmentation des tensions sont bien réelles. Comme la dégradation de la sécurité après la suppression de la police de proximité... »

L’OPH a lancé un audit de « tranquillité publique » et poursuit son soutien à des actions de proximité. Il souhaite également formaliser l’accueil des nouveaux locataires, réunions et guide à l’appui.