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CANNES
La CFTC porte des cas de discrimination homophobe devant la justice
« La vocation de la CFTC est de défendre ses adhérents et les agents cannois, qui plus est quand ce sont des policiers municipaux qui se disent victimes de comportements homophobes ! », s’insurgeait Frédéric Foncel, le président de la section CFTC de la ville de Cannes. Ainsi, la section syndicale majoritaire a-t-elle décidé de sortir la grosse artillerie. En recourant à un ténor du barreau, Maître Collard, Frédéric Foncel espère bien faire mouche avec une plainte déposée le 15 mai par les deux victimes, Nicolas Persec et Alain Marty. « Il est insupportable d’apprendre, parfois un mois après, qu’il a été collé sur le placard d’un collègue « 100 % Tarlouze ». Ou d’entendre rapporter que certains policiers municipaux refusent d'après l'un d'eux de lui serrer la main “par peur d’attraper des maladies”… », poursuit le leader CFTC.

RENCONTRE AVEC LE MAIRE
Saisi depuis près de deux mois par les deux victimes, Frédéric Foncel reconnaît que la constitution du dossier a été longue. « Nous savions depuis plus d’un an qu’ils se plaignaient d'être pris pour cibles et mis à l’écart. Nous étions montés au créneau sans résultat. Mais c’est seulement quand ils nous ont révélé qu’ils étaient homosexuels que nous avons soupçonné avec stupéfaction l’origine du harcèlement. »
Après le recours à un avocat, la CFTC est en train de déclencher le processus de protection fonctionnelle. Le député-maire de Cannes, après le battage médiatique, en particulier une conférence de presse de Maître Collard du 18 mai, vient d’avancer la rencontre avec Nicolas Persec et Alain Marty. Ceux-ci accompagnés de leurs représentants CFTC devaient avoir un entretien avec le maire le 19 mai à 13 heures. « Nous avons été saisis de cette situation il y a trois semaines seulement », temporisait le service de communication de la mairie. « Le maire s’en est préoccupé. Mais à partir du moment où les intéressés ont choisi la voie judiciaire plutôt qu’administrative, nous devrons prendre acte de la décision de justice. » En attendant, la mairie indiquait qu’elle était prête à mettre en place la protection fonctionnelle et à soutenir ces deux agents.

MOUVEMENT DE SOLIDARITÉ
Plusieurs associations, notamment de protection contre les discriminations sexuelles, se sont solidarisées avec les deux policiers municipaux cannois. Mais la réaction certainement la plus symbolique est venue de la mairie de Paris. Bertrand Delanoë, le maire de Paris et homosexuel notable, a invité les deux agents à les rencontrer dans la capitale.