| Brèves juridiques --------------------------------------------- |
PROJET DE LOI MOBILITÉ Ce projet de loi dont le fondement affiché est de libérer la mobilité prévoit cependant de nouvelles procédures rompant avec les principes fondamentaux de la fonction publique. Un article ouvre en effet un peu plus le recrutement des personnels dans la fonction publique aux agents contractuels du secteur concurrentiel cette fois-ci. Ainsi, si le texte était adopté dans sa forme actuelle, demain les employeurs publics pourront remplacer des fonctionnaires absents par des intérimaires. Les absences de l’agent qui permettent le recours à l’intérim sont assez larges : congés hors congés annuels et maladie, vacance temporaire d’emploi, accroissement temporaire d’activité, besoin occasionnel ou saisonnier. Selon les motifs du remplacement, le CDD peut durer jusqu’à 18 mois renouvelable une fois. Mais à l’issue de leur mission temporaire, si jamais ces intérimaires restaient en poste, sans qu’un contrat ne soit établi avec l’employeur, ils passeraient alors d’office sur un contrat à durée déterminée a priori de droit privé. Une porte grande ouverte au secteur privé qui viendrait alors concurrencer de plein fouet la voie traditionnelle du recrutement par concours… C’est donc l’une des dispositions les plus controversées de ce projet de loi mobilité. L’autre porte sur la possibilité de “licencier” un fonctionnaire. Ainsi, suite à la suppression du poste du fonctionnaire - après une restructuration des services par exemple, celui-ci se verra proposer trois postes correspondant « à son grade et à son projet personnalisé d’évolution professionnelle, et tenant compte de sa situation de famille et de son lieu de résidence habituel ». Si jamais il les refusait, il serait mis en disponibilité d’office : une voie de garage, évidemment sans rémunération. Ce dispositif visant à la réorientation professionnelle concerne les seuls agents de l’État.
ET LA MOBILITÉ ? Afin de permettre plus facilement aux fonctionnaires de quitter la fonction publique pour créer leur entreprise ou en reprendre une, le projet de loi étend d’un an à deux ans, la période où ils peuvent cumuler leur emploi de fonctionnaire avec le démarrage de leur entreprise. Cette période peut être étendue encore à une année supplémentaire. Aujourd’hui, seuls les agents exerçant leur activité pour une durée maximale d’un mi-temps peuvent cumuler leur emploi public avec une activité lucrative. Le texte prévoit d’ouvrir plus largement cette possibilité. Cette limite serait ainsi remontée à 70 % d’un emploi à temps complet.
VALEUR PROFESSIONNELLE Ce texte est également l’occasion d’entériner les nouvelles dispositions sur la participation des collectivités territoriales aux frais de contrats en matière de santé et de prévoyance pour leurs agents. Tous les types de structures sont admis : mutuelles, sociétés d’assurance et de prévoyance. La règle de mise en concurrence de ces organismes devra d’ailleurs être respectée alors que les employeurs pourront dans ce sens élaborer une convention de participation (individuelle ou collective), en tout cas facultative, pour leurs salariés. Il faudra maintenant attendre les suites données à l’examen de ce projet de loi mobilité, qui doit passer devant la commission mixte de l’Assemblée nationale, pour voir quelles suites y seront données. |